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Corps masculin, l’entraîner à quel coût ?

Par Vincent Lagacé

Le sujet des troubles alimentaires est toujours d’actualité aujourd’hui et touche malheureusement beaucoup de personnes de ta génération. Cependant, on s’imagine souvent une fille sous le poids santé.

Or, on oublie que les troubles alimentaires chez les garçons font aussi des victimes. La différence est que ces problèmes sont, la plupart du temps, reliés à l’entraînement et à la prise de masse.

Comment déceler si ton modèle d’entraînement est sain ou non ?

Nous tâcherons de répondre à cette question dans les prochaines lignes.

Alors, s’entraîner, c’est mal ?

Absolument pas ! C’est une excellente activité pour diminuer ton niveau de stress, augmenter ta concentration pour les études, t’aider à dormir ou simplement être en meilleure forme physique.

Cependant, l’entraînement peut aussi être néfaste si tu ne l’effectue pas pour les bonnes raisons.

Par exemple :

  • s’entraîner pour combler une préoccupation excessive concernant ton apparence physique (comme se trouver trop mince),
  • vouloir à tout prix prendre de la masse pour ressembler aux autres,
  • un entraînement qui crée une souffrance.

Un tel comportement peut amener la consommation de produits à effets secondaires non désirés sur la santé, comme les stéroïdes.

L’anorexie inversée

Les troubles alimentaires chez les garçons s’apparentent souvent à la dysmorphie musculaire, aussi appelée « bigorexie » ou encore « anorexie inversée » (ne pas se sentir assez musclé).

Ce type de difficultés peut entraîner la prise de masse musculaire sans relâche et t’amener à dépenser temps et argent de façon importante sans jamais être satisfait. Puisqu’il n’y a pas de signes de détresse visibles (comme un poids sous la normale), cette situation devient beaucoup plus difficile à déceler par soi-même ou les autres. 

L’influence des autres dans l’anorexie masculine

Ce genre de comportement est également (et malheureusement) encouragé par notre culture. Cette idée du corps masculin musclé est présente dans les médias que tu consommes chaque jour.

C’est présent partout : sur Instagram, les publicités, et même dans les émissions que tu écoutes. Il peut t’arriver de te comparer à un acteur dans une série télé jouant le rôle d’un garçon de ton âge.

Cependant, ces personnes qui jouent des adolescents sont souvent dans la vingtaine, voire la trentaine. C’est un âge où le corps va naturellement avoir plus de facilité à prendre de la masse par le ralentissement du métabolisme. Vouloir accéder à un tel physique à l’adolescence ne sera que démotivant et ce n’est pas une raison recommandée pour le début à l’entraînement.

Pourquoi t’entraînes-tu ?

Mais si on s’entraîne déjà, comment savoir si on le fait toujours pour les bonnes raisons ? Il peut être intéressant de se poser la question de temps en temps afin d’internaliser notre comportement et notre motivation à l’entraînement.

  • Pour quelle raison je m’entraîne ?
  • Est-ce que j’aime ça ?
  • Est-ce que je le fais pour ressembler aux autres ?
  • Est-ce que le temps et l’argent que j’investis dans l’entraînement sont sains ? 

Bonne santé mentale à l’entraînement 

C’est important de se fixer des objectifs réalistes et stables et de le faire pour soi. C’est en se comparant constamment aux autres que l’on peut tomber dans un cercle vicieux où cette motivation ne sera probablement jamais satisfaite.

Il y aura toujours une personne plus en forme que toi qui ne te rendra pas satisfait de ce que tu accomplis. En gardant dans ton téléphone tes objectifs et ta progression, cela peut t’aider à maintenir le cap sur ce que tu veux réaliser.

Il peut toujours être utile de consulter un entraîneur et une nutritionniste afin d’obtenir de l’aide dans la création d’un plan d’entraînement.

Le conseil du professionnel

À la suite de la lecture de cet article, si tu te questionnes sur tes propres habitudes d’entraînement et sur les troubles alimentaires chez les garçons, voici des pistes de réflexion.

Considérant que l’image corporelle représente la perception (positive ou négative) que l’on entretient de son corps, il est normal de ne pas être à 100 % satisfait tout le temps.

En d’autres mots, il est possible d’avoir certaines préoccupations. Le problème se présente toutefois si l’on se retrouve du côté de l’obsession.

Si des pensées en lien avec ton corps, avec l’entraînement, et parfois même avec l’alimentation, te reviennent constamment en tête, si tu ressens une obligation de t’entraîner ou si tu vis de la culpabilité à prendre un jour de repos, c’est peut-être signe que cette « activité » n’en est plus réellement une.

Il est aussi important de dire que, même si la bigorexie est principalement vécue par les garçons, les filles peuvent aussi être à risque, particulièrement dans le milieu sportif.

Des ressources existent pour t’aider à reprendre le pouvoir sur ta vie et ton quotidien. N’hésite pas à en parler !

Des ressources pour en parler :

–   Certains professionnels de la Clinique MANA ont une expertise en trouble des conduites alimentaires

–   Maison L’Éclaircie

–   ANEB Québec

Vincent Lagacé, ambassadeur Parl’Ado, en collaboration avec Sandra Lapointe, psychoéducatrice MANA

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