La tête sous l’eau

Avez-vous déjà remarqué qu’en plongeant la tête sous l’eau, les bruits avoisinants sont quasi-absents? Que l’odorat a disparu puisqu’il est impossible de respirer? Que la vision est plutôt floue? Bref, on pourrait dire qu’on entre dans un autre univers, coupé de la réalité.

Lors de mes visites hebdomadaires dans les épiceries grandes surfaces, je reste toujours autant ébahie devant ces multiples collisions de paniers. En effet, il nous arrive tous de ne pas regarder où nous allons et de mal percevoir la position des autres individus dans notre espace. Il est vrai que la grosseur des paniers n’est pas un élément facilitant dans ces situations, mais cela ne semble pas être la cause principale. Selon moi, nous avons la tête sous l’eau! C’est-à-dire que l’on perçoit mal notre environnement puisque notre attention est dirigée vers nos pensées incessantes. Nous ne sommes pas «ici et maintenant». Nous sommes dans un autre univers, celui du mental : des inquiétudes passées et des préoccupations futures.

Je me demande alors comment nous pouvons faire notre épicerie dans cet état, coupé de notre corps et de notre environnement. Peut-être que notre mental nous dit qu’il faut absolument ou qu’il ne faut surtout pas manger certains aliments afin d’améliorer notre santé physique? Ou peut-être achetons-nous machinalement les mêmes aliments semaine après semaine, sans trop savoir pourquoi?

Même s’il m’arrive parfois d’avoir la tête sous l’eau comme tout le monde, je fais la plupart du temps mon épicerie en pleine conscience. Après avoir passé des années à travailler cet aspect par la pratique de mon sport de haut niveau, la pleine conscience a pris une place spéciale dans ma vie. Que ce soit en mangeant, en m’entraînant ou bien en travaillant, je suis capable d’entrer dans la « réalité », l’« ici et maintenant ». J’y arrive en portant mon attention sur mon corps et mon environnement.

  • Quelles sont les sensations dans mon corps?
  • Quelles sont les pensées dans ma tête ?
  • Quelles sont les émotions dans mon cœur?

Après avoir capté toutes ses informations très précieuses, je les accepte sans jugement puisqu’il n’est pas possible de changer ce qui est en cet instant. Par la suite, je suis en mesure de répondre à mes besoins convenablement.

Par exemple, lorsque je fais mon épicerie, je m’arrête devant les aliments pour les regarder et les sentir parfois (certaines personnes me regardent avec un sourire, signe que je ne suis pas la seule…!). Je porte mon attention sur mes papilles gustatives et je suis capable de déterminer si ce goût me convient maintenant. Je regarde la forme des fruits et des légumes, entre autres, et je les choisis non pas pour leur perfection mais pour leur unicité.

Donc, je laisse mes sens guider mes achats de la semaine. Ce sont plutôt les aliments qui me donnent des idées de recettes et non pas les recettes qui m’obligent à acheter des aliments spécifiques!

 

Qu’est-ce que la pleine conscience?

La pleine conscience est une approche tirée du Zen. Celle-ci est de plus en plus étudiée et démontre des effets positifs dans l’amélioration des comportements alimentaires, dans la réduction du stress et de la dépression entres autres.

La pleine conscience nous aide à voir clairement les motivations qui nous poussent à manger, à découvrir le plaisir à table et à développer de la compassion envers soi-même. Donc, cette approche nous aide à modifier notre relation avec nos états intérieur sans chercher à les changer.

Je suis convaincue que la majorité des gens passe une grande partie de leur vie la tête sous l’eau. Notre société aux multiples stimuli externes ne nous aide pas dans l’atteinte d’un état de pleine conscience au quotidien et nous éloigne de la sagesse du corps. Il est donc plus difficile qu’on le pense d’appliquer cette approche qui reste plutôt simple.

Je vous lance le défi d’être intensément présent lors de votre prochaine visite à l’épicerie. Choisissez un aliment et inspectez-le avec tous vos sens. Se retrouvera-t-il dans votre assiette pour souper? Vous inspire-t-il une recette en particulier?

 

Recette

En réalisant mon épicerie en pleine conscience cette semaine, j’ai choisi d’acheter des canneberges fraîches du Québec. Leur belle couleur rouge, leur forme bien ronde et leur allure juteuse m’ont mis l’eau à la bouche. De plus, leur goût acidulé a parlé à mes papilles gustatives qui réclamaient un dessert fruité fait maison!

Mon aliment de la semaine : Canneberges fraîches du Québec

Ma recette de la semaine : Barres aux canneberges et à l’avoine

Temps de préparation : 15 minutes | Temps de cuisson : 35 minutes

Ingrédients :

Garniture aux canneberges :

  • 1 sac de 340g de canneberges fraîches ou environ 2 tasses
  • 1 cuill. à table de zeste de clémentines
  • 1/4 tasse de jus de clémentines
  • 2/3 tasse de cassonade
  • 2 cuill. à table de fécule de maïs

*Vous pouvez substituer les clémentines pour des oranges. Puisque c’est la saison des clémentines et que j’en avait plein le frigo, j’ai décidé de les utiliser dans cette recette !

 

Mélange à l’avoine :

  • 1/2 tasse de beurre non salé fondu
  • 1/3 tasse de cassonade
  • 1 cuill. à table d’extrait de vanille
  • 1 tasse de farine de blé entier
  • ¾ tasse d’avoine entière

 

Directives :

  1. Préchauffer le four à 350 F.
  2. Dans un chaudron, porter à ébullition les canneberges, le sucre, le zeste et le jus de clémentines.
  3. Après avoir atteint le point d’ébullition, réduire à feu médium et incorporer la fécule de maïs.
  4. Laisser frémir pendant 15 minutes. Pendant ce temps, préparer le mélange à l’avoine.
  5. Dans un grand bol, faire fondre le beurre.
  6. Ajouter tous les autres ingrédients du mélange à l’avoine. Mélanger.
  7. Dans un plat carré allant au four, répartir la moitié du mélange à l’avoine. Bien taper le mélange.
  8. À l’aide d’une spatule, ajouter la garniture aux canneberges. Égaliser.
  9. Terminer en ajoutant l’autre moitié du mélange à l’avoine. Bien taper.
  10. Enfourner pour 35 minutes.

 

Par Mélanie Blouin, nutritionniste

 

Références

Chozen Bays, Jan (2010). Manger en pleine conscience. Redécouvrir la sagesse innée du corps. Le Jour éditeur.

Warren, J., Smith, N., & Ashwell, M. (2017). A structured literature review on the role of mindfulness, mindful eating and intuitive eating in changing eating behaviours: Effectiveness and associated potential mechanisms. Nutrition Research Reviews, 1-12. doi:10.1017/S0954422417000154

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