Ado triste MANA

Maman, je crois que mon ami ne va pas bien…

Lorsque les ados vont mal, il arrive qu’ils n’aient pas envie d’en parler à leurs parents, à notre grand désespoir. Par contre, ils se permettent parfois des commentaires auprès de leurs amis, vont chercher du réconfort ou même se confier. Il peut même arriver que cette détresse soit si grande que la personne en vienne à parler de suicide. Il est alors primordial d’accompagner le jeune qui reçoit ces confidences et qui ne sait pas toujours comment réagir face à la détresse qui peut être véhiculée.

 

Votre première réaction

La manière dont vous réagirez lorsque votre enfant vous parlera de ses inquiétudes influencera le reste de la démarche. Si vous répondez vaguement ou que vous repoussez le sujet du revers de la main, vous aurez peut-être manqué le bateau. Démontrez que vous avez envie d’en parler plus amplement, mais surtout que vous voulez entendre ce que votre ado veut vous dire sur le sujet. Il choisit de vous en parler alors que vous devez le déposer à l’école dans deux minutes? (pourquoi ils nous font toujours ça?!) Dites-lui que vous prendrez le temps d’en reparler ensemble après sa journée.

Cette première réaction de votre part démontrera que vous vous souciez de lui, que vous êtes ouverts à entendre ses inquiétudes et que vous êtes une personne sur qui il peut se fier en cas de besoin. Cet accueil sera un exemple pour lui, faisant en sorte qu’il aura tendance à réagir également de la sorte lorsqu’une personne de son entourage lui demandera un moment d’écoute. Vous lui montrez donc comment aider les autres simplement en le faisant avec lui.

Recueillir l’information

Assurez-vous que l’endroit et le moment sont bien choisis et attardez-vous au ressenti de votre ado. Son ami semblait plus triste qu’à l’habitude? Est-ce que ça fait longtemps qu’il sent que son ami ne va pas bien? Qu’est-ce qui fait qu’il s’inquiète pour lui maintenant? Votre jeune a sans doute une bonne intuition et même s’il s’était inquiété pour rien, vaut mieux prévenir!

En plus de ses observations, il se pourrait qu’il vous rapporte des paroles dites par son ami. Une fois que votre jeune a senti qu’il pouvait se permettre de discuter de ses inquiétudes en toute confiance, permettez-vous de le questionner sur le sujet du suicide. Est-ce que son ami a dit ouvertement vouloir mourir ou encore a mentionné des messages plus subtils, comme « je vais disparaître, ça va régler le problème! ». Il est primordial de savoir que dans les deux cas, ce n’est pas à prendre à la légère. En effet, les études démontrent que la majorité des personnes ayant porté atteinte à leur vie en avaient parlé avant de commettre le geste. C’est donc un mythe de croire que s’il a parlé de suicide il ne passera pas à l’acte.

Quoi faire avec cette information

Ces situations sont souvent délicates, car votre jeune ne veut sûrement pas briser le lien de confiance qu’il a avec son ami. Il n’est pas rare que l’ado commence à vous en parler en disant : « Il faut que tu me promettes que tu ne lui en parleras pas! » Si c’est le cas, il est important de faire comprendre que de garder le silence pourrait mettre la personne en danger.

Ensemble, vous pourrez faire une liste des solutions qui s’offrent à lui. Votre jeune pourrait, par exemple, faire appel à un intervenant scolaire, ou encore identifier les ressources qui sont disponibles sur le web. Encouragez votre enfant à rester à l’écoute et mentionnez-lui que vous demeurez disponible pour en discuter. Dans tous les cas, il est important de ne pas rester seuls avec le problème.

En parler ouvertement 

Tout intervenant en santé mentale ou dans le monde de la santé vous le dira: il est important de poser la question franchement et sans détour à une personne qui présente des signes de dépression. Car accepter de parler de suicide est une approche qui démontre à la personne l’ouverture dont vous faites preuve, en lui disant qu’elle ne sera pas jugée, et que vous comprenez qu’il arrive de vivre des moments difficiles dans la vie.

Connaissez-vous le COQ? C’est une méthode simple et essentielle à mettre en application auprès de nos proches ou des gens que l’on rencontre, afin d’évaluer s’il y a risque de suicide.

Comment comptes-tu te suicider?

Où comptes tu passer à l’acte ?

Quand comptes-tu le faire?

Si la personne est en mesure de répondre à chacune de ces questions, ou encore que vous la sentez ferme dans sa décision de passer à l’acte, il est primordial de ne pas la laisser seule et d’aviser un de ses proches. 

Ensuite, informez-vous auprès d’une personne formée en intervention afin de vous assurer de la sécurité de votre jeune ou encore d’un ami de celui-ci. Puisque chaque situation est unique, il peut être pertinent de le faire même si la crise semble passée afin de valider vos interventions.

Plusieurs ressources existent 24h/24h pour vous accompagner. Ne restez pas seul avec ça.

 

Et c’est en étant sensible et à l’écoute les uns des autres que l’on réussira ensemble à sauver des vies. 

Maud Pellerin, ps.éd.

MANA Clinique d’intervention jeunesse

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